“Du dehors, on voit toutes les tables de la salle à travers la baie vitrée, c’est tellement impressionnant !” Amélie, étudiante à l’Université de Paris, raconte le concours PASS 2022

Étudiante en PASS à l’Université de Paris et en prépa à Antémed, Amélie, 18 ans, a travaillé d’arrache-pied pour préparer le concours classant de première année. Les épreuves du second semestre débutaient le 8 mars dernier. Pendant trois jours, Amélie et les quelque 1.800 autres étudiant(e)s de sa promo ont planché sur les QCM censés les départager. Elle raconte.

De J-7 à J-1, un programme de révision ciblé

« Je travaillais déjà tout le temps, donc je n’ai pas vraiment pu augmenter la cadence ! » se souvient l’étudiante, qui respecte une préparation quasi militaire. « Je révisais les annales le matin et les cours “à par cœur” l’après-midi, avec une heure de maths chaque jour. Je faisais un peu de vélo pour m’aérer l’esprit ».
La veille du jour J, Amélie se consacre surtout à la préparation de ses affaires pour le lendemain. « Je n’ai pas fait de grosses révisions, j’ai relu mes fiches d’erreurs (qui répertorient les erreurs effectuées pendant les concours blancs et les astuces des profs) pour m’en imprégner une dernière fois. Puis j’ai préparé mon sac – une valise cabine – en cochant une liste inspirée de conseils d’anciens étudiants de PACES. Je stressais d’oublier quelque chose ! J’ai essayé de regarder un film mais ce n’était pas simple de me détendre ».

Le jour J, devant le hangar du Parc des expositions de Villepinte

Les 1.800 étudiant(e)s de PASS de l’Université de Paris patientent devant les portes, une heure avant le début des épreuves.
« Certains continuaient à réviser jusqu’à la dernière minute. Avec mes amis, on a discuté et plaisanté. Du dehors, on voyait toutes les tables dans la salle à travers la baie vitrée, c’est tellement impressionnant ! » se souvient-elle.
Heureusement, les épreuves du premier semestre l’ont déjà un peu aguerrie. « À ce moment-là, tu découvres tout, tu ne sais pas comment trouver ta place, tu as vraiment peur ! »

Dans la salle du concours (photo prise par le témoin)

« Vous pouvez briser les scellés »

Une fois à l’intérieur, les étudiant(e)s rejoignent leur place parmi les blocs de 200 tables qui quadrillent la salle. Un rituel s’installe avant chaque épreuve. « Quelqu’un prend le micro et explique la procédure » raconte Amélie. « Les caisses de sujets arrivent sur de grands chariots. La personne au micro demande aux chefs de blocs de briser les scellés, c’est très solennel. On nous enjoint de nous lever pendant la distribution. »
Puis l’épreuve commence. « La première journée débutait par l’épreuve de maths, pas vraiment ma matière favorite. Je stressais tellement que mes doigts tremblaient sur ma calculatrice. Puis j’ai trouvé le résultat de la première question et tout est redevenu normal. »

Moments de pause

Entre chacune des cinq à huit épreuves réparties sur trois jours, selon les spécialités choisies, les étudiants profitent d’une heure à une heure et demie de pause. Amélie retrouve ses camarades avec un mot d’ordre : « on parle de l’épreuve mais surtout pas des réponses exactes qu’on a cochées, le souci serait de se rendre compte qu’on a loupé ! ».

À la fin de la journée, départ pour l’hôtel voisin. « Le soir, tu révises surtout pour le mental mais tu as zéro énergie, je me suis endormie à 21 heures ! »

Fin des épreuves : « ça y est, on est en vacances ! »

Amélie termine la session avec l’épreuve de pharma : « j’avais déjà beaucoup moins de pression car je vise médecine. En sortant, on a un peu blagué sur le thème « ça y est, on est en vacances ! ». Puis, c’est le retour à la réalité. « Tu rentres chez toi et tu tournes un peu en rond. Ton quotidien, c’était le travail et, tout à coup, il n’y a plus rien à faire. J’ai regardé une série mais je n’arrivais pas à me concentrer. J’avais plus besoin de me reposer que de partir faire la fête. »

Son sentiment sur les épreuves ? « On te demande comment ça s’est passé et c’est un peu oppressant. C’est un concours ! Que tu aies l’impression d’avoir réussi ou loupé, le résultat se situe toujours par rapport aux autres, cela ne veut rien dire ».
Les notes et le classement tomberont fin mars, mais, pour obtenir le résultat officiel, il faudra attendre le mois de juin. « Pour valider l’année de PASS, on doit réussir les examens de la mineure, en mai. On verra alors si on est grand admissible, ou s’il faudra passer les oraux. ». En attendant, Amélie n’aura pas l’occasion de chômer : « les cours de la mineure commencent la semaine prochaine ! ».

Propos recueillis par Sophie Périès

💡Dans la valise-cabine d’Amélie

  • Ma convocation et ma carte d’étudiante.
  • Une feuille par épreuve sur une page qui me posait problème, comme les petits détails d’un tableau d’anatomie, surtout pour me rassurer de pouvoir y jeter un œil avant l’épreuve.
  • Les cours que j’aurais pu avoir besoin de réviser le jour de l’épreuve.
  • Des bouchons d’oreille pour faire abstraction de l’environnement.
  • Une trousse avec surligneur, crayon à papier, stylo…et une calculatrice simple.
  • Des choses à grignoter, comme des petits gâteaux. Je n’y croyais pas trop mais le concours demande une telle énergie que j’ai l’impression d’avoir mangé toute la journée !